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Retour au Cameroun… pourquoi pas ?

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P. Gérard P. Gérard

Du 5 au 23 Mai 2014, Père Gérard a passé 3 semaines au Cameroun, le pays où il a vécu près de trente ans comme missionnaire spiritain. Après 15 ans depuis son retour en France, il retournera dans ce pays de mission en janvier 2015.

P. Gérard
Du 5 au 23 Mai, je suis allé faire un petit tour au Cameroun où j'ai vécu près de trente ans. Cela faisait 15 ans depuis mon retour en France.
Je suis passé par Douala, situé au bord de mer. Il y fait très chaud et humide. C'est le moment de la "petite saison des pluies". Il est difficile d'y passer la nuit sans climatisation. Je suis arrivé au moment où un drame venait de se produire: dans la nuit du 1er mai, un jeune confrère spiritain qui faisait l'accueil dans cette maison "procure des Missions", a été retrouvé le matin dans la piscine, mort depuis quelques heures.  L'enquête est en cours... Mais ce drame a beaucoup perturbé les confrères qui vivent à Douala.
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Ensuite, je suis parti à Yaoundé où j'ai pu rencontré bien des gens connus, confrères et autres. Avec un autre, j'ai pu aller faire un tour dans l'Est du pays. Puis, de retour à Yaoundé, je me suis reposé, en me baladant en taxi de temps en temps. Je voulais aller aussi dans le Nord où j'ai passé la majeure partie de mon séjour au Cameroun. Mais, on m'a conseillé fortement de ne pas y aller à cause des fameux "Boko Haram", cette secte musulmane qui opère des rapts depuis le nord du Nigéria. J'ai eu au téléphone un confrère espagnol. Il m'a dit combien la situation est préoccupante. Dernièrement, une entreprise chinoise a été attaquée; ils faisaient une route vers Mora. Deux personnes ont été tuées, un chinois et un policier camerounais. Le gouvernement prend de plus en plus des mesures en envoyant des troupes pour surveiller les frontières. Nos confrères vivant autour de Maroua sont obligés de venir passer la nuit à l'évêché, par mesure de sécurité. Pensons à tous ces missionnaires qui vivent sous des menaces malheureusement bien précises.
Mon impression sur le pays, 15 ans après ? Je retrouve un pays qui a bien du mal à croître économiquement, malgré le taux à 4 ou 5 % des économistes ! Le pays souffre, bien sûr surtout les petites gens qui essaient de trouver un petit boulot. On a l'impression que chacun se débrouille comme il peut. Et la corruption reste visible partout; il faut discuter (acheter) chaque fois qu'il faut un papier. Le Cameroun a depuis longtemps une réputation fâcheuse à ce niveau. Autre préoccupation ressentie même dans l'Église: la gestion reste problématique; des Évêques ont même été relevés de leur fonction du fait d'une gestion catastrophique.
Mais certains essaient de faire face, en particulier, la nouvelle génération de mes frères spiritains. Ils sont courageux et veulent tenir le coup pour montrer qu'il est possible de s'en sortir. Le dynamisme des paroisses reste très fort; mais ils subissent les pressions des églises "du réveil" qui poussent un peu partout.
Le Cameroun, en plus des difficultés internes, doit faire face aux intrusions des "Boko Haram" au nord. Il y a aussi les répercussions de la guerre en Centrafrique avec les réfugiés qui arrivent dans l'est du pays. Là encore, comment accueillir ces gens qui fuient devant la violence armée ?
Ce fut un court séjour mais qui m'a beaucoup réjoui. Il est important de retrouver des amis et d'essayer de les réconforter par une simple présence.
                               Gérard 
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